Hier soir Elmano m’a accueilli à l ‘aéroport
et conduit à la RozAvel que j’ai retrouvée telle
que je l’avais laissée. Quel plaisir de la retrouver
après ces longs mois de séparation exactement comme
je l’avais rangée. J’ai revécu le bonheur
que j’avais à retrouver ma goélette aux Antilles.
Mise à l’eau, le moteur a démarré sans
une hésitation et je suis allé prendre place au ponton
pour gréer tranquillement. Pour cette fois je vais essayer
de ne pas mettre le bimini afin d’admirer plus facilement
la voûte étoilée.
Je ne sors pas la moto et fais un peu de marche à pied pour
les diverses courses d’approvisionnement.
Il ne reste plus qu’à m’occuper un peu de l’électronique
et de l’informatique pour être prêt au départ.
Je m’endors en m’imprégnant de l’ambiance
et de tous les bruits retrouvés, la RozAvel reprend possession
de son capitaine.
Marina de Porto Santo
Excellente adresse que cette Marina où il est possible de
laisser le bateau aussi bien à l’eau qu’à
terre avec toutes les facilités.
A noter l’extrême gentillesse et les grandes compétence
du chef de chantier. Elmano s’était occupé de
faire réparer mon génois et m’a parfaitement
remis à neuf le balcon détruit par mon aventure de
mer au large d’Ibiza.
Mais il y a quelques points négatifs que l’on peut
espérer voir solutionner : Le propriétaire des marinas
de Porto Santo et Quinta Do Lorde a établi des tarifs élevés
et variables suivant les clients …
Je n’ai pas trouvé de moyen officiel pour faire remplir
mes bouteilles de gaz.
Alors qu’au centre du village une sympathique zone Wi Fi est
accessible à tous, il n’y a aucun accès sur
le port et c’est bien regrettable, d’autant plus que
c’est un service facile à offrir.
Dimanche 11 octobre
spot Rozavel
Latitude:33.05988
Longitude:-16.31433
Date/Heure de la position GPS:10/11/2009 11:52:29 CEST
Un an tout juste après s’être fixée Porto
Santo, la RozAvel quitte cette île à laquelle elle
s’était habituée et où j’ai pris
bien du plaisir à me promener avec ma petite moto.
Le vent est plein arrière de force 3 et le génois
a du mal à prendre sa place. Heureusement le bateau ne roule
pas trop et je cuisine une courge ramenée de Hyères.
Le soleil descend doucement pendant que Porto Santo s’efface
totalement dans le sillage.
J’ai mis la ligne de traîne et en fin de journée
une bonite se décide à venir agrémenter mon
dîner.
Pas très grosse, mais suffisante pour deux bons repas.
Il faut fêter cette première soirée de la seconde
étape du tour du monde : Ti Punch et la vie est belle !
spot Rozavel
Latitude:32.33741
Longitude:-16.45263
Date/Heure de la position GPS:10/11/2009 21:21:47 CEST - Cliquez
ici
Lundi 12 octobre 2009
La nuit fut hachée par les alarmes m’obligeant à
quitter la couchette et à surveiller jusqu’à
me retrouver seul à 32 milles à la ronde.
Première avarie : Sur un empannage involontaire, la retenue
de bôme a arraché la main courante du roof sur laquelle
je l’avais saisie. Je suis très déçu
par la faiblesse de ce tube sous-dimensionné. J’aurais
dû le vérifier avant qu’il ne soit soudé.
Et là, bien que cela ne soit pas bien grave, cela va être
difficile à réparer.
Ce matin, plutôt que de continuer à me traîner
à moins de 5 nœuds au vent arrière, je décide
de remonter au travers bâbord amure afin de rejoindre les
« Islas Salvagem » que le guide décrit comme
les plus sauvages, les plus préservées de tout l’Atlantique.
Nous voilà donc au bon plein à plus de 6 nœuds
avec une petite mer hachée.
Le bon plein est redevenu grand largue quand je me suis rendu compte
au bout de deux heures que j’avais décalé d’un
degré vers le nord la position des îlots sur le GPS
!
Pour le coup il reste encore 50 milles pour y arriver et l’approche
se fera donc dans la nuit la plus noire, avant même le lever
de la lune.
Quoi de plus marquant que cette halte de nuit dans l'îlot
le plus sauvage de l'océan atlantique, minuscule bout de
rocher perdu au milieu de l'océan et balayé par toutes
les tempêtes.
Les guides recommandent de ne s'en approcher que par soleil à
la verticale et par temps calme.
Le vent et la mer n'étaient pas trop forts, mais il était
une heure du matin quand j'ai jeté l'ancre dans ce minuscule
trou entouré de récifs ... avec l'aide d'un projecteur
mais surtout d'un GPS, d'un sondeur, d'un radar et d'un ordinateur
avec une cartographie qui s'est révélée parfaitement
exacte.
Le bruit des brisants était impressionnant ... bien expliqué
par ce que j'ai vu au réveil !
En fait ma technique dans ce genre de situation est de bien étudier
la carte (en général les cartes, car j’en ai
plusieurs en incluant les schémas dans les guides de navigation).
Ensuite je m’approche classiquement au GPS puis j’allume
la cartographie sur l’ordi pour bien me positionner entre
les repères et les dangers, mais je corrobore toujours en
permanence l’image sur l’ordi avec l’écran
radar qui a l’avantage de montrer la réalité
des choses et non une image mémorisée. Avec un peu
d’habitude et des réglages soigneux, le radar permet
de distinguer jusqu’aux brisants qui dépassent à
peine la surface.
Et pour finir, le sondeur permet de vérifier la cohérence
entre le lieu de mouillage et ses caractéristiques cartographiques.
… Une petite pensée admirative pour les navigateurs
d’il n’y a pas bien longtemps qui ne disposaient pas
de toutes ces aides.
Mardi 13 octobre 2009
Réveil ce matin en ce lieu étrange où je suis
arrivé de nuit.
Les brisants entourent le trou d’eau où j’ai
glissé le bateau.
L’île est minuscule avec son ridicule pic d’une
vingtaine de mètres de haut supportant des panneaux solaires
et le feu à éclats. La cabane des gardiens est là
mais semble désertée. Ce ne doit pas être la
bonne saison car je ne vois aucun des 500.000 pétrels …
dont c’est l’unique lieu de nidation.
Départ au moteur vers les Canaries qui sont encore à
135 milles.
Moi qui ne suis jamais très branché sur la météo
en croisière, c’est la première fois que je
dispose de fichiers Grib.
Il faut dire que c’est vraiment bien : Alors que j’étais
encore au cabinet, jeudi dernier, j’ai téléchargé
le fichier Grib sur une semaine de ma zone de navigation. Ce petit
fichier informatique très léger ( 28 Ko cette fois)
m’affiche la carte météo par tranches de 3 heures
sur la semaine, et en l’occurrence il semble parfaitement
exact. Pas de vent prévu entre 6 h et 18 h ici aujourd’hui.
C’est en fonction de ces prévisions que j’avais
accéléré mon départ de Porto Santo et
j’ai eu raison.
Vu le faible volume de ces fichiers, il est tout à fait envisageable
de les récupérer par une connexion satellite.
Pendant que je navigue doucement sur cette mer plate, les idées
de bricolage accourent et je me jette dedans … avec parcimonie
quand même puisque ce sont les vacances !
Et puis à l’heure du goûter j’ai une envie
soudaine de crêpes : Tout va bien, il restait de la farine
à bord et je me lance … crêpes délicieuses
mais mélange fait en surabondance, je me prépare donc
tout le reste pour l’utiliser demain en galettes salées.
A l’heure de la nuit, plus aucun feu de navigation ou mouillage
ne fonctionne à bord.
Pour cette nuit, la veille sera assurée par 2 bougies successives
dans la lanterne marocaine. Il y a des technologies nettement supérieures
à d’autres en termes de fiabilité et longévité
!
spot Rozavel
Latitude:29.27971
Longitude:-16.46037
Date/Heure de la position GPS:10/13/2009 21:25:44 CEST -
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Mercredi 14 octobre 2009
Il a bien fallu remettre le moteur ce matin car le bateau restait
presque immobile au large des côtes de Tenerife.
J’en ai profité pour avancer dans ma recherche de pannes
électriques. Le montage des circuits à bord est hors
de cause, ce sont bien les leds et leur électronique noyée
dans la résine qui ont rendu l’âme.
Je vais essayer de mettre en place des solutions de fortune aux
Canaries et vais ramener les coupables pour les transmettre au fabriquant.
En début d’après midi le vent est revenu doucement,
j’en ai profité pour mettre en ordre la chaussette
de spi, et c’est tiré par sa grosse bulle rouge que
la Rozavel a fait la traversée de Tenerife à Gomera.
Sur bâbord arrière, le peico de Teidé contemple
du haut de ses 3717 m. la petite sœur de la Roz Avel et 13
ans après, je me souviens de la journée que nous avions
passée à le redescendre avec Bertrand et Pascal les
pieds ensanglantés …
Arrivée sous spi à plus de 7 nœuds devant le
port de la Gomera où je suis bien accueilli…