TOUR DU MONDE DE LA "ROZAVEL" - E-MAIL: christian.mallemont@wanadoo.fr

 

Octobre 09 de Porto Santo à la Gomera

Samedi 10 octobre

Hier soir Elmano m’a accueilli à l ‘aéroport et conduit à la RozAvel que j’ai retrouvée telle que je l’avais laissée. Quel plaisir de la retrouver après ces longs mois de séparation exactement comme je l’avais rangée. J’ai revécu le bonheur que j’avais à retrouver ma goélette aux Antilles.

Mise à l’eau, le moteur a démarré sans une hésitation et je suis allé prendre place au ponton pour gréer tranquillement. Pour cette fois je vais essayer de ne pas mettre le bimini afin d’admirer plus facilement la voûte étoilée.
Je ne sors pas la moto et fais un peu de marche à pied pour les diverses courses d’approvisionnement.
Il ne reste plus qu’à m’occuper un peu de l’électronique et de l’informatique pour être prêt au départ.

Je m’endors en m’imprégnant de l’ambiance et de tous les bruits retrouvés, la RozAvel reprend possession de son capitaine.

Marina de Porto Santo

Excellente adresse que cette Marina où il est possible de laisser le bateau aussi bien à l’eau qu’à terre avec toutes les facilités.
A noter l’extrême gentillesse et les grandes compétence du chef de chantier. Elmano s’était occupé de faire réparer mon génois et m’a parfaitement remis à neuf le balcon détruit par mon aventure de mer au large d’Ibiza.
Mais il y a quelques points négatifs que l’on peut espérer voir solutionner : Le propriétaire des marinas de Porto Santo et Quinta Do Lorde a établi des tarifs élevés et variables suivant les clients …
Je n’ai pas trouvé de moyen officiel pour faire remplir mes bouteilles de gaz.
Alors qu’au centre du village une sympathique zone Wi Fi est accessible à tous, il n’y a aucun accès sur le port et c’est bien regrettable, d’autant plus que c’est un service facile à offrir.

Dimanche 11 octobre

spot Rozavel
Latitude:33.05988
Longitude:-16.31433
Date/Heure de la position GPS:10/11/2009 11:52:29 CEST

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Un an tout juste après s’être fixée Porto Santo, la RozAvel quitte cette île à laquelle elle s’était habituée et où j’ai pris bien du plaisir à me promener avec ma petite moto.
Le vent est plein arrière de force 3 et le génois a du mal à prendre sa place. Heureusement le bateau ne roule pas trop et je cuisine une courge ramenée de Hyères.
Le soleil descend doucement pendant que Porto Santo s’efface totalement dans le sillage.
J’ai mis la ligne de traîne et en fin de journée une bonite se décide à venir agrémenter mon dîner.
Pas très grosse, mais suffisante pour deux bons repas.


Il faut fêter cette première soirée de la seconde étape du tour du monde : Ti Punch et la vie est belle !

spot Rozavel
Latitude:32.33741
Longitude:-16.45263
Date/Heure de la position GPS:10/11/2009 21:21:47 CEST - Cliquez ici

Lundi 12 octobre 2009

La nuit fut hachée par les alarmes m’obligeant à quitter la couchette et à surveiller jusqu’à me retrouver seul à 32 milles à la ronde.
Première avarie : Sur un empannage involontaire, la retenue de bôme a arraché la main courante du roof sur laquelle je l’avais saisie. Je suis très déçu par la faiblesse de ce tube sous-dimensionné. J’aurais dû le vérifier avant qu’il ne soit soudé. Et là, bien que cela ne soit pas bien grave, cela va être difficile à réparer.
Ce matin, plutôt que de continuer à me traîner à moins de 5 nœuds au vent arrière, je décide de remonter au travers bâbord amure afin de rejoindre les « Islas Salvagem » que le guide décrit comme les plus sauvages, les plus préservées de tout l’Atlantique. Nous voilà donc au bon plein à plus de 6 nœuds avec une petite mer hachée.
Le bon plein est redevenu grand largue quand je me suis rendu compte au bout de deux heures que j’avais décalé d’un degré vers le nord la position des îlots sur le GPS !
Pour le coup il reste encore 50 milles pour y arriver et l’approche se fera donc dans la nuit la plus noire, avant même le lever de la lune.
Quoi de plus marquant que cette halte de nuit dans l'îlot le plus sauvage de l'océan atlantique, minuscule bout de rocher perdu au milieu de l'océan et balayé par toutes les tempêtes.

Les guides recommandent de ne s'en approcher que par soleil à la verticale et par temps calme.
Le vent et la mer n'étaient pas trop forts, mais il était une heure du matin quand j'ai jeté l'ancre dans ce minuscule trou entouré de récifs ... avec l'aide d'un projecteur mais surtout d'un GPS, d'un sondeur, d'un radar et d'un ordinateur avec une cartographie qui s'est révélée parfaitement exacte.

Le bruit des brisants était impressionnant ... bien expliqué par ce que j'ai vu au réveil !

En fait ma technique dans ce genre de situation est de bien étudier la carte (en général les cartes, car j’en ai plusieurs en incluant les schémas dans les guides de navigation).
Ensuite je m’approche classiquement au GPS puis j’allume la cartographie sur l’ordi pour bien me positionner entre les repères et les dangers, mais je corrobore toujours en permanence l’image sur l’ordi avec l’écran radar qui a l’avantage de montrer la réalité des choses et non une image mémorisée. Avec un peu d’habitude et des réglages soigneux, le radar permet de distinguer jusqu’aux brisants qui dépassent à peine la surface.
Et pour finir, le sondeur permet de vérifier la cohérence entre le lieu de mouillage et ses caractéristiques cartographiques.
… Une petite pensée admirative pour les navigateurs d’il n’y a pas bien longtemps qui ne disposaient pas de toutes ces aides.

Mardi 13 octobre 2009
Réveil ce matin en ce lieu étrange où je suis arrivé de nuit.
Les brisants entourent le trou d’eau où j’ai glissé le bateau.


L’île est minuscule avec son ridicule pic d’une vingtaine de mètres de haut supportant des panneaux solaires et le feu à éclats. La cabane des gardiens est là mais semble désertée. Ce ne doit pas être la bonne saison car je ne vois aucun des 500.000 pétrels … dont c’est l’unique lieu de nidation.

Départ au moteur vers les Canaries qui sont encore à 135 milles.
Moi qui ne suis jamais très branché sur la météo en croisière, c’est la première fois que je dispose de fichiers Grib.
Il faut dire que c’est vraiment bien : Alors que j’étais encore au cabinet, jeudi dernier, j’ai téléchargé le fichier Grib sur une semaine de ma zone de navigation. Ce petit fichier informatique très léger ( 28 Ko cette fois) m’affiche la carte météo par tranches de 3 heures sur la semaine, et en l’occurrence il semble parfaitement exact. Pas de vent prévu entre 6 h et 18 h ici aujourd’hui.
C’est en fonction de ces prévisions que j’avais accéléré mon départ de Porto Santo et j’ai eu raison.
Vu le faible volume de ces fichiers, il est tout à fait envisageable de les récupérer par une connexion satellite.

Pendant que je navigue doucement sur cette mer plate, les idées de bricolage accourent et je me jette dedans … avec parcimonie quand même puisque ce sont les vacances !

Et puis à l’heure du goûter j’ai une envie soudaine de crêpes : Tout va bien, il restait de la farine à bord et je me lance … crêpes délicieuses mais mélange fait en surabondance, je me prépare donc tout le reste pour l’utiliser demain en galettes salées.

A l’heure de la nuit, plus aucun feu de navigation ou mouillage ne fonctionne à bord.
Pour cette nuit, la veille sera assurée par 2 bougies successives dans la lanterne marocaine. Il y a des technologies nettement supérieures à d’autres en termes de fiabilité et longévité !

spot Rozavel
Latitude:29.27971
Longitude:-16.46037
Date/Heure de la position GPS:10/13/2009 21:25:44 CEST - Cliquez ici

Mercredi 14 octobre 2009

Il a bien fallu remettre le moteur ce matin car le bateau restait presque immobile au large des côtes de Tenerife.
J’en ai profité pour avancer dans ma recherche de pannes électriques. Le montage des circuits à bord est hors de cause, ce sont bien les leds et leur électronique noyée dans la résine qui ont rendu l’âme.
Je vais essayer de mettre en place des solutions de fortune aux Canaries et vais ramener les coupables pour les transmettre au fabriquant.

En début d’après midi le vent est revenu doucement, j’en ai profité pour mettre en ordre la chaussette de spi, et c’est tiré par sa grosse bulle rouge que la Rozavel a fait la traversée de Tenerife à Gomera.
Sur bâbord arrière, le peico de Teidé contemple du haut de ses 3717 m. la petite sœur de la Roz Avel et 13 ans après, je me souviens de la journée que nous avions passée à le redescendre avec Bertrand et Pascal les pieds ensanglantés …

Arrivée sous spi à plus de 7 nœuds devant le port de la Gomera où je suis bien accueilli…