TOUR DU MONDE DE LA "ROZAVEL" - E-MAIL: christian.mallemont@wanadoo.fr

 

 

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Porto Santo février 2009

La RozAvel commençait à me manquer, et j’avais une longue liste de bricolages et d’entretiens à cocher.
J’ai donc pris mon billet pour un court séjour sur place.
Vendredi 13 février en fin d’après midi j’ai décollé pour Lisbonne puis Porto Santo où,à l’arrivée à 23h30, m’attendait fort gentiment Elmano le chef de chantier.
Il m’a déposé au chantier où il avait préparé une passerelle et une alimentation électrique.
J’avais quitté le mistral glacial de Provence et je me suis sentis revivre dans la douceur de cette nuit du sud.
J’ai rapidement sorti de la cabine la grand voile et l’annexe qui encombraient le passage, puis j’ai replié les serviettes mises en protection du soleil sur les aménagements.
Il faisait très très bon et je me suis endormis au dessus des couvertures.

Au réveil j’ai continué de ranger le bateau, et surtout j’ai entrepris de sortir la moto. Le plus difficile a été d’ouvrir la trappe, car l’étanchéité au mastic polyuréthane faite à Porquerolles était d’une efficacité totale avec collage complet ! Mais un bon couteau a fini par en avoir raison et j’ai hissé puis redescendu à terre la moto avec la drisse de génois.
La moto a démarré au premier coup de pédale, me surprenant bien agréablement.
Bien que cela soit son jour de congé, Elmano est venu pour poser la RozAvel sur son élément liquide.
J’ai démarré le moteur et rejoint la place du ponton quittée en octobre dernier.
J’ai gréé la grand voile puis suis allé faire des courses en moto.
Au retour il y avait quelqu’un sur le seul bateau à l’eau : Un français qui a accepté de venir m’assurer pendant ma descente le long de l’enrouleur avec quelques vis BTR et de la Loctite.
J’ai tout bien vérifié, puis j’ai hissé et enroulé le génois parfaitement réparé.

J’ai repris la moto pour aller m’approvisionner en fournitures diverses avant que la quincaillerie ne ferme.
Première nuit à me sentir ballotté doucement par le clapot. J’adore.

Dimanche, le soleil brille et je suis décidé à profiter de la moto pour visiter l’île. C’était le motif de cet achat il y a maintenant 6 ans, il faut que j’applique.
Et j’ai parcouru plus de 150 km sur cette petite île de 11 km de long et 7 km de large !
J’ai cheminé sur les petites routes de montagne serpentant autour des volcans, redescendant dans les vallées, traversant les villages, enjambant les crêtes piquetées de moulins antiques ou d’éoliennes modernes. J’ai quitté le goudron pour de vielles routes pavées montant vers les pics. J’ai délaissé la moto pour continuer et m’essouffler sur les sentiers escarpés. J’ai retrouvé la selle et repris ma course, j’ai quitté la route pour longer les falaises de l’ouest sur des pistes caillouteuses puis sur la lande désertique où j’ai roulé tout doucement un pied de chaque côté pour ne pas verser.
Merveilleuse petite moto qui me permet de profiter pleinement de cette escale.


Je n’ai pas eu de mal à trouver le sommeil.
Lundi matin pendant que le gaz se transférait doucement d’une bouteille portugaise dans une bouteille bien de chez nous, j’ai sorti la machine à coudre pour réparer la capote, mais bien que le temps soit couvert j’ai décidé de passer cette semaine à naviguer sans capote pour mieux profiter des éléments, par contre il m’a fallu sortir l’anorak car la chaleur des premiers jours n’est plus revenue.

J’ai pris la mer à la recherche d’une crique sur la pointe sud ouest. Trois petits dauphins sont venus me rendre visite alors que je pestais contre le pilote qui barrait de manière erratique.
Il a fallu retrouver petit à petit tous les réflexes oubliés, avec de petits ennuis (comme de vouloir mouiller avec l’ancre assurée de l’intérieur en arrachant un peu …).
Il m’a fallu du temps pour remonter et remettre en bon fonctionnement le pilote NKE qui nous avait lâché en Espagne, mais tout fonctionne désormais.

Mardi j’ai entrepris de tout vérifier en navigation en effectuant le tour anti-horaire de Porto Santo.
J’ai encore croisé une troupe de dauphins qui sont venus jouer avec l’étrave.
La liste de points à remettre en état s’est allongée !

Alors, mercredi j’ai passé la journée au mouillage avec les vaigrages et planchers démontés.
Mes réserves d’étain épuisées j’ai gonflé le kayak pour aller en acheter et finir les soudures.
Montage d’un nouveau tableau électrique, réparation de pompes de vidanges, installation de pompe de cale manuelle, recherche sur la cartographie africaine, sans oublier quelques petits plats en cuisine … Pas de raison de se laisser aller.

Jeudi matin le temps est toujours gris et le vent faible. Départ vent arrière pour entreprendre un nouveau tour de l’île dans le sens horaire cette fois ci. Je profite du premier long bord de vent arrière pour remettre en ordre le spi qui est désormais prêt à sortir facilement de sa chaussette et à y rentrer sans soucis.
Le tour dans le sens horaire est beaucoup plus laborieux : Je passe la journée à tirer des bords dans un vent inconstant, parfois très faible, parfois bien soutenu, mais sans jamais voir pointer le soleil.
Le pilote marche bien, mais je me suis amusé à barrer pour passer de justesse les écueils du nord en profitant des moindres risées adonnantes.
Et me voilà sur la trace de l’arrivée nocturne d’octobre ; tout est différent en plein jour et en connaissant maintenant bien les lieux. Avant de doubler le phare, les dauphins sont revenus saluer la RozAvel en s’amusant malicieusement.
Quelques petits bords serrés et j’ai repris le mouillage comme je l’avais quitté, sans toucher au moteur. J’adore ça.
Mais le temps est breton, alors crêpes au menu !

Vendredi matin, comme il me faut être de retour au port avant 14 heures, je m’attaque aux révisions du moteur. Le temps est calme, le ciel dégage par moment un peu de soleil.
Tout est en ordre, il me reste un peu de temps et le soleil m’incite à lever ma bulle rouge et à partir du mouillage sous spi. Et c’est ainsi, tirée par son ballon que la RozAvel remonte toute la longue plage de Porto Santo avant de faire demi tour pour rentrer au port sous un soleil devenu splendide.

Voilà, il faut ressortir le bateau de l’eau et ranger toutes les voiles, mais je sais que tout est en ordre pour la prochaine traversée.

Samedi, c’est presque un jour de congé. J’ai commencé par faire tourner la machine à laver du bateau, qui reste à mes yeux un des luxes suprêmes, puis j’ai voulu partir en moto. Mais cette dernière n’a pas voulu ; n’ayant pas envie de laisser sur le bateau une moto en panne, je suis parti au village en la poussant. J’ai trouvé le réparateur de moto qui m’a dit de retourner la chercher en début d’après midi. J’ai donc continué à pied jusqu’à la pointe ouest de l’île ou j’ai dégusté un espada à la banane, spécialité de Madère (poisson de grande profondeur).
Quinze kilomètres à pied plus tard j’ai retrouvé ma moto qui avait probablement bu un peu d’eau et j’ai entrepris de monter sur la jolie route pavée de montagne vers le pic que je n’avais pas encore exploré.
Mais c’est bien connu dans la montagne il fait froid et il pleut, alors je suis vite redescendu vers la mer.
De retour à la RozAvel, j’ai hissé la moto pour la remettre sur son parking, puis j’ai passé une couche sur les vernis un peu trop ensoleillés.

Voilà, tout est fini ; huit jours peuvent sembler courts, mais huit jours complètement déconnectés sont un grand mois de vacances.

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