Porto Santo
Marina très bien équipée (Pontons flottants,
eau, électricité).
Personnel très compétent et sympathique avec
de parfaits interlocuteurs en anglais et en français.
Chantier attaché à la marina avec ateliers et
outillage.
Aire de stockage des bateaux parfaitement sécurisée.
Tout serait parfait, si les prix n’étaient pas
un peu trop élevés (le séjour à
terre de la RozAvel est plus coûteux que sa place au
port de Hyères).
L’île n’est pas très grande
et se résume à 3 petits cônes volcaniques
entourant la longue piste d’aviation.
Il n’y a qu’une agglomération et d’immenses
plages de sable fin.
Porto Santo est la station balnéaire des habitants
de Madère (et certainement d’ailleurs). Les pluies
y sont rares, le soleil très fréquent et la
possibilité de se baigner tous les jours de l’année.
Nous avons passé deux jours dans l’eau
à la marina, à nous reposer et nous habituer
à la terre ferme (sevrage progressif au roulis).
De la marche à pied jusqu’au village qui offre,
comme tous les villages de Madère, une zone de Wi-Fi
gratuite ouverte à tous. Déjeuner dans des restaurants
locaux, cafés au bar attenant à la marina et
démontage des voiles pour l’hivernage.
Un petit souci pour descendre le génois : Le chariot
restait coincé à mi hauteur sur l’étai.
Après de multiples essais infructueux, je me suis fait
descendre en rappel le long de l’étai et j’ai
découvert que certaines vis allen qui solidarisent
les tubes s’étaient desserrées et bloquaient
le chariot. Je les ai revissées, mais je vais la prochaine
fois faire une révision générale avec
un tube de Loctite …
Mardi
7 octobre 2008
Le travelift a sorti la RozAvel de l’eau et l’a
posée sur ses deux quilles devant le bureau de
la marina.
L’inspection de la coque qui est restée propre
a montré le point d’impact sur le bas de
la quille tribord. Le choc avait eu lieu à plus
de 5 nœuds, la tôle d’aluminium présente
un impact net mais sans conséquence. J’ai
fini tous les rangements pour pouvoir laisser le bateau
seul pendant plusieurs mois.
Il restait encore plusieurs kilos de thon congelé
qui ont pris la route du congélateur du chef de
chantier, Elmano Silva, un parfait francophone, un technicien
très compétent et amoureux des bateaux que
j’ai eu plaisir à connaître et en qui
j’ai toute confiance.
Nous avons préparé nos bagages qui
pour moi se sont résumés à quelques pièces
détachées de retour en France pour révision
(commandes moteur, commande guindeau et capteur d’angle
de barre). Non pas que l’électronique soit spécialement
fragile, mais elle échappe à mes possibilités
de réparation en mer.
Mercredi 8 octobre 2008
Après une nuit à bord, mais à terre,
nous avons encore profité de la plage : Douze kilomètres
de sable fin pour nous tout seuls ! Mais en fait, la plage
nous lasse très vite et nous avions hâte d’arriver
à l’heure où, avec un petit serrement
de cœur, nous avons quitté le bateau pour embarquer
sur le ferry qui nous a emmené pour une traversée
sans aucune responsabilité, sans rien à faire
jusqu’à Funchal après avoir rejoint l’île
de Madère et longé sa côte sud-ouest.
Madère
Cette île nous a fait penser à la Réunion
en plus petit.
Relief volcanique avec des pentes très fortes et un
intérieur d’ambiance montagnarde. Il n’y
a pas une seule plage à Madère, et les gens
se baignent dans des piscines, souvent adossées à
de minuscules ports de pêcheurs. Les cultures en terrasse
tapissent les flancs des montagnes et la végétation
est luxuriante. Il y a la vigne bien sûr, mais aussi
de grandes bananeraies et une grande variété
de fruits et légumes se retrouvent sur les marchés.
J’ai reconnu les maracujas (fruits de la passion), les
mangues, mais je ne connais pas les noms de nombreux autres.
Funchal est une ville construite au dessus du port
avec des ruelles prenant rapidement des pentes dignes de pistes
de luge … d’ailleurs il existe encore une sorte
de luge (désormais réservée aux touristes)
permettant de redescendre de la ville haute où l’on
accède par un télécabine !
De ma ballade à Funchal, je
retiendrai spécialement la beauté des
jardins municipaux et la visite des caves « Brandy
» où est fabriqué le fameux vin
qui porte le nom de l’île. Visite sympathique,
et pour 5 euro elle se termine par une dégustation
gratuite et illimitée … sachant que je
devais conduire, j’ai limité la dégustation
et préféré le « medium sweet
» parmi les 4 possibilités. Le vin de Madère
varie de 19 à 24° en raison de l’ajout
d’alcool et se conserve quasi indéfiniment.
Certaines bouteilles du milieu du 19° siècle
sont toujours délicieuses … mais a prix
prohibitif !
Impossible de parler de Madère en passant
sous silence la triste rencontre, que je prévoyais
et qui s’est réalisée.
Je savais que mon ancienne goélette Roz Avel, la magnifique,
était abandonnée sur un chantier. Je n’ai
pas pu m’empêcher de la chercher, et mon cœur
a fait un tour quand j’ai aperçu de très
loin ses deux mats qui dominaient.
Je n’ai pas envie de parler plus de ce bateau si beau,
si solide mais abandonné.
Après avoir fait le tour de l’île
en voiture (largement faisable dans la journée), nous
avons décollé sur cette piste qui enjambe la
mer sur des pilotis …
Au revoir, et à bientôt pour la suite
du tour du monde (en février 2009 probablement).