Départ dès le lever du jour pour traverser la baie
sans couper de pirogue en 2.
Le soleil se lève sur l’île de Gorée et
nous regrettons de ne pas être allés y mouiller car
cette île dédiée désormais au tourisme
semble magnifique et très propre.
Je suis allé passer quelques heures sur l’île
de Gorée lors de mon trajet de retour vers la France.
Cette petite île qui garde beaucoup de souvenirs de sa période
historique (très noire quand on sait que 28 millions d’esclaves
y ont séjourné avant leur départ vers les Amériques
dans des cales de bateau insalubres) a un charme très sensible.
Les vieilles rues sont bordées de maisons pleines de charme
et sont désormais envahies par des ateliers d’artistes
(peintures et diverses formes de tableaux). La vue sur l’océan
offre des paysages magnifiques à partir des différents
ouvrages militaires s’étalant sur plusieurs siècles
et témoignant de la grande importance stratégique
de cet îlot qui verrouille la rade de Dakar
La journée se passe à éviter les casiers, les
filets et les pirogues tout en nous éloignant de la côte
sous spi puis toujours sous spi, mais aidé du moteur à
la nuit tombée.
Les dauphins sont toujours du voyage, mais nous n’avons pas
de beau ciel cette nuit : le temps est laiteux.
C’est une nuit avec de vrais quarts de veille car les dangers
semblent nombreux et non visibles au radar. Pendant la nuit nous
avons doublé une douzaine de feux scintillants qui devaient
correspondre à des pirogues arrêtées. Nous sommes
passés au large de la Gambie, et toute la matinée
nous avons avancé au moteur dans le coton sur un fond uniformément
plat (douze mètres de profondeur pendant des dizaines de
milles).
Nous voici en face des brisants qui signalent l’entrée
de la Casamance. Les bouées et la passe indiquées
sur mes cartes ne sont pas au rendez vous, en fait les cartes bien
que neuves ne sont pas à jour et c’est désormais
la passe sud qui est balisée. Nous finissons par la repérer
et nous nous engageons hardiment guidés par quelques bouées
pour zigzaguer au milieu des brisants … Impressionnant, mais
ça passe et nous retrouvons le calme à l’entrée
de l’estuaire.
Calme sur l’eau, mais vent portant, et c’est donc sous
spi que nous remontons la Casamance escortés par les dauphins
spécifiques à ce fleuve.
Nous suivons les virages, croisons quelques pirogues,
subissons le contrôle de commando militaire en zodiac avec
kalachnikov en bandoulière qui viennent fouiller sommairement
le bateau sans nous arrêter.
Les oiseaux sont de plus en plus nombreux, les cigognes nous font
des démonstrations de pêche, et à la tombée
de la nuit, après avoir doublé les îles aux
oiseaux nous arrivons à Ziguinchor et allons mouiller devant
l’hôtel Kadiandoumagne qui offre son ponton pour accueillir
les plaisanciers.
A peine mouillés, nous sommes accostés par l’annexe
de Philippe qui m’a donné tous les renseignements concernant
le stockage du bateau et qui nous a vu arriver.
Puis nous sortons l’annexe et traversons cet hôtel luxueux,
un peu gênés par notre absence de cravate, avant d’avancer
dans la nuit des faubourgs de la ville et de découvrir un
menu local (huîtres de palétuviers, crevettes et capitaine
…)
Jeudi 29 octobre
Nous commençons la matinée par démonter les
voiles, ce qui m’oblige à un petit tour en tête
de mat, puis pendant que j’explore les quartiers artisanaux,
les fournisseurs de matériel, Pascal et Brigitte préparent
leur départ et en début d’après midi
je les accompagne à leur taxi.
De retour sur ma Rozavel, je prépare ma montée vers
Djilapao et peaufine mes renseignements auprès de Philippe.
Il est 18 heures quand je remonte le mouillage et prends la route
des bolons. J’ai toutes les explications de Philippe, mais
je suis bien content de voir que Salomon m’attend avec sa
pirogue à l’entrée et me conduit au travers
de ce labyrinthe aquatique. Il fait nuit noire quand il m’abandonne
au mouillage devant l’emplacement choisi pour stocker la Rozavel.